Colloque : « Vendée, terre de chrétienté, terre missionnaire »

 

Les 27 et 28 février à La Roche-sur-Yon, le colloque annuel co-organisé par l’ICES et le diocèse a évoqué les 200 dernières années de l’histoire religieuse de Vendée, sous l’intitulé : « Le diocèse de Luçon : terre de chrétienté, terre missionnaire ». En prenant appui sur les épisodes historiques de ruptures et de reconstructions, sur les grands témoins, sur les institutions, sur les éléments phares du passé, les divers intervenants ont en réalité voulu placer l’avenir au cœur de l’évènement. L’évangélisation de la Vendée n’appartient pas au passé ; elle se renouvelle à chaque instant et redémarre en permanence.

 Introduction du dossier : « Vendée, terre de chrétienté, terre missionnaire »

Retrouvez le dossier complet dans le Catholiques en Vendée n°153 – avril 2017

 

3  questions à l’abbé Antoine Nouwavi

Responsable du pôle théologie de l’ICES, coordinateur du colloque

Quelles sont les images ou les enseignements que vous retiendrez personnellement de ce colloque ?

Nous avons pu constater tout au long de ce colloque que la vitalité de notre Eglise est non seulement marquante mais elle a fait école au point que des Vendéens sont allés annoncer l’Evangile aux quatre coins du monde. L’essentiel, me semble-t-il, c’est de ne pas croire que l’âge d’or de l’Eglise de Vendée ou de l’ensemble de l’Eglise se situe dans le passé. L’âge d’or du christianisme reste à venir, à condition que nous nous rendions compte que, par la présence effective du Christ au cœur de nos assemblées, nous sommes devenus ses « contemporains » et donc ses témoins.

Malgré les tragédies de l’histoire et les soubresauts sociétaux, la vitalité religieuse a toujours été renouvelée en Vendée. A quoi peut-on attribuer cet état de fait ?

A une seule chose. J’aime beaucoup la Parole du prophète Isaïe : « La parole qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission » (Is 55, 11). C’est une phrase rassurante qui annonce la fécondité et la vitalité de la grâce de Dieu au coeur de l’histoire. Vous évoquez les tragédies. Les guerres de Vendée ont été une épreuve pour notre Eglise, mais nos Pères dans la foi ont su trouver dans le Pardon prêché par l’Evangile la source d’une libération qui leur a permis de reprendre la route dans un élan missionnaire renouvelé. Nous ferons face aux difficultés en étant fécondés par l’Evangile du Christ vivant.

Avec la distance que permet l’histoire, la crise actuelle des vocations et la « déchristianisation » de la population vous semblent-elles préoccupantes ?
Sont-elles un obstacle à l’annonce du Christ ?

Ce qui me semble préoccupant c’est que certains d’entre nous vivent la crise des vocations comme une fatalité et tendent à réduire la diversité des charismes de l’Eglise au dénominateur commun du laïcat. L’identité de l’Eglise catholique est de nature sacerdotale. Il est essentiel qu’il y ait des prêtres pour célébrer les mystères du Christ pour l’ensemble du Peuple de Dieu. Pour cela, nos communautés doivent travailler le don de soi au service de L’Eglise dans la prêtrise. Elles doivent insister aussi sur la richesse des divers états de vie qui font la vitalité de notre Eglise.