Mère Irène de jésus ou Le sauvetage de jeunes filles juives

Cette religieuse, née en 1900 aux Brouzils, entre dans la Congrégation des sœurs Ursulines de Jésus à Chavagnes-en-Paillers en 1921. Pendant la deuxième guerre mondiale, alors directrice d’un établissement dans les Alpes-Maritimes, elle sauva plusieurs filles juives des nazis. Pour son action, Mère Irène a reçu à titre posthume le 5 février 2012, la médaille de « Juste parmi les nations ».

 

« Héroïne discrète », « femme modeste et courageuse », « religieuse pleine de vie et de foi » : autant d’adjectifs qui reviennent lorsque l’on évoque la mémoire de Mère Irène de Jésus, décédée en 1984. La religieuse vendéenne, d’une famille chrétienne de sept enfants, a agi au péril de sa vie et de celle de sa communauté, pour sauver des jeunes juives, au cours des années 1942 à 1944.

 

Alors directrice de Sainte-Marie de Chavagnes, à Cannes, un établissement pour jeunes filles, elle prend la responsabilité de cacher 8 Juives et la mère de l’une d’entre elles, recherchées par les nazis. Une action charitable qui la conduit à des situations particulièrement dangereuses et risquées. Ainsi, elle accueille dans sa communauté, sous un faux nom, Marion Petrushka, épouse Rousso et sa mère Hélène. Les deux femmes ont alors de faux papiers, et prennent part à la vie des religieuses cannoises.

Toute la communauté est solidaire, et se charge de protéger au mieux ces jeunes des nazis qui sont partout dans la ville. Mère Irène le fit avec un « courage merveilleux, sachant le danger qu’elle encourait ». Agissant ainsi, elle répond à la demande de l’évêque de Nice de l’époque, Monseigneur Rémond, cité comme « Juste », au musée de la Shoah, pour avoir sauvé des enfants juifs. Lorsqu’à la fin de l’année 1943, le bruit court que les nazis vont inspecter les institutions religieuses, Marion et sa mère veulent partir pour ne pas mettre en danger la communauté des Ursulines. Mère Irène refuse, car elle sait qu’au bout, c’est la mort qui les attend, et elle continue donc de les héberger. Les jeunes filles ne quittèrent l’Institution qu’après la Libération, lorsque Mère Irène fut assurée qu’elles n’étaient plus en danger de mort.

 

C’est en 2007 qu’est déposée à Yad Vashem une demande pour que soit accordée à Mère Irène le titre de « Juste parmi les nations », à l’initiative de Renée Rousso, fille et petite-fille de Marion Rousso et d’Hélène Petrushka. Une reconnaissance qui sera accordée à l’été 2010, et qui s’est concrétisée le 5 février 2012, à Chavagnes, lors de la remise de la médaille de Juste à titre posthume.

De nombreuses personnes qui l’ont connue, ses neveux et nièces et notamment des anciennes élèves et des religieuses ont été présentes, et toutes restent marquées par la discrétion, la bonté et l’intelligence de Mère Irène. « C’était une femme courage, une grande dame », se souvient Ghislaine Pastor, une ancienne élève. « En agissant comme elle l’a fait, elle a répondu à sa foi, à sa conscience et à sa profonde humanité », souligne Renée Rousso. « On admirait sa sérénité, son équilibre et sa grande piété. Selon moi, c’était le type de la Vendéenne fidèle indéfectiblement à son Dieu », reconnaît Sœur Ange-Marie. « Sœur Irène reste pour nous un modèle qui a fait don de sa personne jusqu’au bout », note enfin Sœur Marie-Hélène Martin, coordinatrice du centre spirituel des Ursulines de Chavagnes et Soeur Mercedes Lopez, Supérieure Générale, conclut son discours par ces mots : « Son nom et sa mémoire resteront pour toujours dans notre histoire de Congrégation, comme témoignage d’une vie risquée à laquelle, par vocation, nous sommes toutes appelées ». Un beau témoignage qui résonne encore aujourd’hui au sein de la communauté…

 

(de gauche à droite) : Marie-France Bensaadon, déléguée régionale Yad Vashem / Sœur Thérèse Jourdain, responsable de la Réalité missionnaire France des Ursulines de Jésus / Sœur Mercédès Lopez, Supérieure générale de la Congrégation des Ursulines de Jésus / Madeleine Wohlgroth, nièce aînée de Mère Irène / Ziv Nevo Kulman, conseiller aux affaires culturelles de l’Ambassade d’Israël en France / Renée Rousso, témoin / Eric Saalün, maire de Chavagnes-en-Paillers / Alfred Sabbah, délégué régional Yad Vashem / Bernard Schmeltz, Préfet de la Vendée / Bruno Retailleau, Président du Conseil Général et Sénateur de la Vendée

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